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Les critères de sélection d’un EIC Accelerator

critères EIC Accelerator

Vous êtes une PME et développez des produits ou services innovant. La recherche étant très consommatrice de cash, vous recherchez naturellement des subventions et vous vous intéressez à l’EIC Accelerator d’H2020 (anciennement l’instrument PME phase 2). Mais, rapidement vous constatez que les taux de succès sont terriblement bas (4%) et que le dossier semble très complexe à construire… Alors avant de se lancer, vous aimeriez savoir si votre projet a ses chances : Cet article est donc pour vous, sans bien sur remplacer les consignes de la Commission Européenne.

Objectif d’un projet EIC Accelerator

La première question repose sur le type de projet attendu par la Commission Européenne : Des projets ayant pour objectif la mise au marché d’innovations de rupture nécessitant un travail complémentaire sur l’industrialisation, le « scale-up », la démonstration et le test de prototypes pour arriver à un produit/service/procédé commercialisable dans les 2-3 ans après la fin du projet. Comme le projet ne doit durer qu’entre 1 et 2 ans maximum, les projets proposés devront impérativement être à un niveau de TRL 6 (prototype industriel validé en condition réelle, en phase de démonstration technologique) afin d’atteindre le niveau 8-9 en fin de projet (pré-commercialisation).

Innovation de rupture : Qu’est-ce que c’est ?

Clayton M. Christensen a décrit en 1997 exactement ce qu’est une innovation de rupture : c’est un produit ou service qui à terme remplace une technologie existante en transformant les usages. A la différence des innovations de continuité ou incrémentales qui visent à améliorer les performances de produits existants sans bouleversement des comportements, les innovations de ruptures nécessitent à la PME de complètement réinventer son business model. Cette nouvelle source de revenus fait rapidement exploser la croissance de l’entreprise ce qui l’oblige à concevoir (ou revoir totalement) son organisation.

L’innovation de rupture propose généralement un produit initial ayant des performances limitées, mais avec un très fort potentiel de progression, l’amenant à termes à surpasser l’existant. Ceci permet à l’entreprise de défier les acteurs en place, avec des moyens limités.

Attention, l’innovation de rupture n’est pas forcément technologique. On peut ajouter les 3 catégories suivantes :

  • Les innovations de rupture attaquant les marchés par le bas
  • Les innovations de rupture d’usage
  • Les innovations de rupture créant de nouveaux marchés

La rupture par le bas

Elle permet à des consommateurs d’acheter une solution qu’ils ne pouvaient pas s’offrir avant. Par exemple, IKEA avec ses meubles à monter pas chers, la Ford « T », le stylo BIC, les voyages low-cost, Free, les services gratuits comme Skype. Ici, l’innovation présente des « performances » moindre que les standards du marché, mais permettent une utilisation par 80% des consommateurs et donc une pénétration du marché très rapide et durable.

La rupture des usages

Elle permet de créer de nouveaux modes de consommation, d’utilisation des produits ou service, ou transforme la perception et le sens que donne les utilisateurs aux produits. On peut illustrer ces ruptures d’usages avec par exemple la voiture électrique : celle-ci vient s’adosser à la volonté des automobilistes de ne plus polluer la planète, d’avoir des villes plus silencieuses, et ne plus se préoccuper du plein de carburant (on recharge le soir chez soi en rentrant du travail). Autre exemple : Le « drive » : commander ses courses en ligne et les récupérer quand on le souhaite directement dans son coffre de voiture. L’iPhone qui a supplanté les smartphones qui étaient limités au fonctions téléphone et mail : l’iPhone fut le premier outil permettant d’avoir un nombre considérable d’applications. HAPPYORNOT fait partie de ses startups qui ont révolutionné les sondages en proposant des bornes avec 4 boutons partout dans les lieux de consommation pour collecter votre expérience utilisateur : vous l’avez sans doute déjà utilisé !

La création de nouveaux marchés

Pas besoin de définir ce qu’est un nouveau marché : c’est tout simplement quelque chose qui n’existait pas avant. Par exemple Netflix, Airbnb, les objets connectés, l’iPad ou l’iPod, Criteo, …

Toutes ces innovations ont pour point commun quatre éléments qui sont des critères pour sélectionner un projet EIC Accelerator :

  • Caractère disruptif
  • Un fort potentiel de croissance
  • Scalable
  • Marché mondial

Les autres critères incontournables

Avoir une innovation de rupture est le premier point, mais cela ne sera pas suffisant dans le contexte très compétitif que représente l’EIC Accelerator. Vous devrez aussi vous attacher à juger des points suivants :

Votre équipe

L’équipe doit être très solide et complémentaire. Attention, le nombre de personnes n’est pas un critère, c’est la qualité des expertises qui compte. Cette équipe est le noyau dur qui a permis la mise au point de l’innovation, mais elle ne sera pas suffisante pour encaisser l’hyper croissance. Il faut donc présenter un plan RH très convainquant afin de rassurer les évaluateurs sur la capacité future des collaborateurs à délivrer l’innovation dans un contexte de forte demande, sans oublier l’aspect international. Le recrutement est un point – pensez néanmoins que ce n’est pas le seul moyen, des partenaires peuvent très bien convenir – mais il faut aussi penser à la structuration managériale : Pensez que le CEO qui a certainement porté la startup sur ses épaules au début en étant à la fois commercial, responsable technique, DAF, … devra à l’avenir être uniquement sur la stratégie d’entreprise et son développement.

EIC Accelerator : une épreuve de levée de fonds

L’EIC Accelerator est plus un examen de levée de fonds qu’un montage de projet traditionnel pour une subvention d’exploitation. Ainsi, bien que porté par votre innovation, votre dossier doit surtout être construit pour convaincre des investisseurs. Vous devrez ainsi vous concentrer sur :

  • Des objectifs clairs, avec des jalons chiffrés et des preuves que ceux-ci sont atteignables, à minima assurer le go to market
  • Les bénéfices de la solution plutôt qu’à la technologie à proprement parler
  • Le marché, ses perspectives, ses acteurs et leurs comportements
  • Les barrières à l’entrée : s’assurer de la liberté d’exploitation par exemple et de la protection de la propriété industrielle (dans le monde…)
  • La démonstration du timing : pourquoi c’est maintenant qu’il faut entrer sur le marché, et pas avant ou après ?
  • La démonstration de la viabilité économique de votre business model. Pensez aussi que la subvention ne couvrira que 70% des coût du projet, donc comment allez-vous financer les 30% restant ?
  • Les canaux de distribution de la solution, avec des preuves (lettres d’intention) d’acteurs déjà convaincus
  • Être ambitieux : si votre solution est réellement disruptive à vocation mondiale, votre chiffre d’affaires et vos marges doivent être à faire rêver…mais attention, ce rêve doit être clairement étayé par des hypothèses en béton.

Un peu de politique…

Gardez en tête une donnée : l’argent de la Commission Européenne pour votre projet est celui des impôts des citoyens. Ainsi, la Commission Européenne a le devoir de justifier que ses investissements auront un juste retour à ceux qui les ont permis. En définitive, c’est un peu comme si Monsieur « Tout le monde » devait avoir un intérêt à financer votre projet.

Il faut donc que votre projet propose une démonstration de retombées positives pour les Européens. Cela peut prendre plusieurs formes :

  • La protection de l’environnement
  • L’amélioration de la santé
  • La croissance et donc de l’emploi
  • Des économies pour les consommateurs
  • Du bien-être

Alors, prêt ?

Si vous avez lu cet article et que vous cochez toutes les cases, alors ne vous posez plus de question : Au travail pour monter votre dossier ! Les prochaines dates de soumission sont les 8 janvier 2020, 18 mars 2020, 19 mai 2020 et 7 octobre 2020.

Par contre, ne sous-estimez pas le temps nécessaire à la préparation de ce dossier : considérez au minimum 3 mois de préparation, et quelques nuits courtes à l’approche de la deadline. Pensez à tous les détails, soyez très clairs dans vos démonstrations, réalisez des schémas, soyez exigent avec vos démonstrations et vos chiffres. Rien ne vaut un regard externe : faites relire par diverses personnes en interne (votre comptable, vos scientifiques, votre responsable commercial et marketing, …) ou en externe (pôle de compétitivité, PCN, consultant expert). Et comme le jeu en vaut la chandelle, investissez dans un support consultant pour maximiser vos chances (en moyenne x3 avec un consultant) et réduire considérablement le temps à passer (80% de gain votre temps).

Bonne chance !

A propos de Winbids

Winbids est la première plateforme vous permettant d’identifier gratuitement les bons consultants en innovation pour vous accompagner sur vos projets. Nous avons référencé plus de 150 experts, tous salariés de cabinets de conseil reconnus. Les consultants ont en moyenne 12 ans d’expérience professionnelle, interviennent sur tous les métiers de l’innovation (financement – CIR, CII, subvention, levée de fonds – gestion de projets, stratégie et marketing de l’innovation) dans plus de 30 secteurs d’activité.

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